Michael Kohlhaas Rising

Synopsis

Un marchand de chevaux dupé par un jeune baron avide et impétueux, décide de se venger selon ses principes en levant une armée pour récupérer son bien.

 

Critique

Avec frugalité et tempérance, ce film explore placidement le thème de la vengeance et de la justice, des valeurs morales judéo-chrétiennes bouleversées par la montée grandissante du protestantisme, le tout dans une atmosphère flegmatique, dont les soubresauts d'une violence latente se font subtilement sentir. La musique est d'ailleurs très justement dosée pour cet effet.

Mads Mikkelsen comme à son habitude, crève l'écran de son inégalable charisme, il porte le film avec élégance et justesse, on jubilera d'ailleurs de ces scènes partagées avec un Denis Lavant toujours aussi magistral.

Si la lenteur au cinéma est un outil de narration aussi dangereux que fructueux, qui peut sublimer un film comme le plomber, elle est bien à double tranchant pour Michael Kohlhaas, car si parfois on sera alerté par la pesanteur d'une scène devenue captivante, on pourra se retrouver tout aussi délaissé par des intervalles quelque peu soporifiques. On peut toutefois saluer la volonté du réalisateur d'éviter de tomber dans un film d'époque-spectacle, ici l'action est raréfiée au profit d'un plus grand réalisme.

Le concept de "se faire justice soi-même" a toujours préoccupé l'homme, tout comme la question de la légitimité de l'appareil judiciaire, du bien-fondé d'un gouvernement ou d'une quelconque autorité religieuse pour protéger ou punir ses ouailles. Ces préoccupations intemporelles, allant de l'éthique à la corruption, sont bien la structure même du film de des Pallières. Finalement doit-on tendre l'autre joue ou suivre la loi du talion ? Le protagoniste choisira sa voie, il en récoltera bénéfices et préjudices, un tel acte n'étant jamais sans conséquences.

Au final, le film fonctionne en dents-de-scie car son acteur principal semble être la seule source d'ardeur et de passion dans un film "qui-se-veut-d'auteur", donc trop classique, trop dépouillé, trop conservateur, trop proche des codes filmiques habituels propres à ce type de cinéma, mais dont les pics d'intérêt révèlent un scénario perspicace, qui prête au questionnement.

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