Libre et assoupi : Eloge de la paresse

Synopsis

Sébastien n'a qu'une ambition dans la vie : ne rien faire [...] Sa vie il ne veut pas la vivre mais la contempler...

 

Critique

"Pour vivre heureux, vivons couchés", ainsi débute le refrain d'une célèbre chanson du chanteur Adelbert, leitmotiv qui résume plutôt bien les convictions de Sébastien, 29 ans surdiplômé et convaincu que le secret du bonheur se résume dans l'oisiveté. Le ton de légèreté de cette comédie préestivale invoque un discours un peu dissonant à l'ère de la productivité et de l'accomplissement par le travail, un discours assez rafraîchissant, où les inactifs volontaires ne sont pas perçus comme des parasites notoires.

Et finalement pourquoi pas ? Bien entendu cette vision presque aristocratique du privilège de ne rien faire peut faire grincer des dents quand le chômage frôle les 10% aujourd'hui en France et que beaucoup aimeraient pouvoir travailler, mais c'est un choix par défaut, puisqu'il s'agit du seul moyen socialement accepté pour gagner sa vive "légalement". Il ne faut pas attendre de Libre et Assoupi une réflexion philosophique sur le thème du travail, car cela n'irait absolument pas en adéquation avec les tonalités du film de Benjamin Guedj.

Film à sketchs, sans réelle trame scénaristique, les pitreries des trois colocataires feront sourire et la nonchalance de Baptiste Lecaplain est attachante. Pour le reste, on évoluera en ligne droite à travers les sentiers balisés de la comédie française contemporaine, avec un parti pris assumé et fonctionnel pour l'absurde et l'irréalisme.

Sans prétention, le résultat global est convaincant, du moins s'y l'on ne s'attend pas à une révélation ou une expérience transcendantale en allant voir le film et surtout si on prend en considération l'historique des dernières comédies du genre... 

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