[Actu] Cannes 2015, Bilan : "nous sommes venus, nous avons vu et nous sommes repartis".

Bilan

Certes on ne peut pas avoir tous les ans un cru aussi fameux que celui de 2011 (l'Apollonide, DriveLe Gamin au véloHabemus PapamIl était une fois en AnatoliePolissePaterLa Piel que habitoMelancholiaThe Tree of lifeThis must be the placeWe need to talk about Kevin etc...), mais cette année, force est de constater que la sélection officielle n'était pas au mieux de sa forme.

D'un côté les grands noms en lisse pour la palme d'or ne fournissent pas leur œuvre la plus magistrale, au contraire, ils campent sur leurs acquis et ne renouvellent jamais leur cinéma. On pense à un Sorrentino dont la Jeunesse (Youth) est un peu valétudinaire, où les frasques esthétisantes apparaissent au milieu d'une intrigue comme des coupures publicitaires pour assurance vie... Audiard livre un film maîtrisé, mais dont la mise en scène cloue au sol le scénario, Dheepan n'est pas un mauvais film, mais il peine à transcender, faute d'audace et de recul sociologique. Gaspard Noé déchaîne les foules tel un chanteur punk en tête d'affiche, si l'émoi est au rendez-vous au pied des marches, son porno en 3D (plus un film d'amour assez tendre finalement) n'embrase pas la croisette malgré des qualités indéniables, l'expérience est un vrai feu de paille. Gus Van Sant est recalé à l'entrée, Nani Moretti enchante la critique, mais beaucoup modèrent l'enthousiasme sur le dernier film du cinéaste italien, Joachim Trier fait un film sympathique, mais qui n'arrive pas à la hauteur de son Oslo,31 Août...

Ne soyons pas médisants, il reste le Carol de Todd Haynes, La Loi du MarchéLe Fils de SaulThe Assassin, Au-delà des montagnes, un Pixar rafraîchissant, un film d'ouverture réussit, un Mad Max explosif, oui Cannes reste la scène des belles découvertes, mais un peu moins de l'audace et des prises de risque. Il n'y a qu'à constater la lividité d'Un Certain Regard, sélection habituellement singulière et qui prend le contre-pied de la compétition. Entre les abysses de la mise en scène et du scénario d'Alice Winocour (Maryland) et la médiocrité d'un film roumain primé (Le Trésor) et produit par les copains, on sort de la salle avec le hoquet et Naomi Kawase n'y fera rien.

Il faut alors chercher du côté des sélections parallèles, cette année la Quinzaine se lâche et fait fort en osant projeter des films radicalement différents (Yakuza Apocalypse vs. Mustang, qui dit mieux ?), la Semaine de la Critique fidèle à elle-même propose des premiers films audacieux et parfois brillants. Mais toujours pas de chef-d’œuvre en ligne de mire, évidemment on ne peut pas tout voir et les années ne sont pas toutes propices à l'inspiration, ce n'est pas grave, il existe bien d'autres festivals et l'année n'est pas terminée pour les surprises.

Cannes reste Cannes, si la télévision présente uniquement le glamour de la montée des marches, la foule déchaînée au moindre geste d'un acteur bien côté, les turpides badauds claquant l’équivalent de dix RSA dans des bijoux ostentatoires ("regardez ma chirurgie esthétique" !), c'est surtout le lieu des rencontres dans les files d'attente, la passion du public et des professionnels, qu'ils soient techniciens, exploitants, blogueurs, étudiants, petits distributeurs, scénaristes en quête de producteurs... les petites gens du cinéma qui ne louent pas de villas sur la côte et se font parfois recaler des soirées en grande pompe certes, mais ce sont bien eux qui font le festival, du moins son authenticité, car ils ont autant d'exigence sur les films qu'ils vont voir que d'ouverture d’esprit. Les débats animés sur les films en compétition, des courts-métrages singuliers au Short Film Corner, Cannes est une petite bulle de cinéphilie où les rumeurs font vibrer toute la croisette pendant onze jours. Alors bien entendu on ne crache pas dans la soupe, tous les ans ça râle, ça siffle entre les dents, mais les paillettes font sourire et on est heureux de voir un film en nœud pap' dans le Palais des festivals avec l'équipe du film parce que ça fait un peu partie du jeu. Tous les ans on revient, espérant reprendre des grosses baffes et tant pis si l'année précédente n'avait pas été des plus convaincante...

Sur LeKinorama.fr nous préférons publier nos critiques un peu avant la sortie française, histoire de prendre du recul et reparler du film dans son contexte, c'est pour cela que les notes ci-dessous ne seront pas commentées, elles ne doivent pas êtres considérées comme définitives et les critiques plus détaillées de chacun des films mentionnés, pourront réévaluer les estimations au cours de l'année.

[Actu] Cannes 2015, Bilan : "nous sommes venus, nous avons vu et nous sommes repartis".

NOS AVIS SUR LA SÉLECTION OFFICIELLE

 

LeKinorama.fr vous propose une estimation des films en sélection, grâce à la participation exceptionnelle pour le festival de Cannes de :

 

Lucie Fréjaville, Scénariste - collectif Peach
Justine Kim Gautier, Scénariste - collectif Peach
Florent Chicouard, Scénariste - collectif Peach
Maxime Iffour, Exploitant salle art et essai

 

Nous les remercions pour leur participation.


Jordan More-Chevalier, Rédacteur en chef LeKinorama.fr
Guillaume Banniard, Rédacteur LeKinorama.fr, Sens Critique, L’infini Détail.

 

☆☆☆☆☆ (instrument de torture)
★☆☆☆☆ (mauvais)
★★☆☆☆ (moyen)
★★★☆☆ (bon)
★★★★☆ (très bon)
★★★★★ (excellent)

 

La Tête Haute de Emmanuelle Bercot  ★★★☆☆

 

Notre petite Soeur de Kore-Eda Hirozaku
Tale of Tales de Matteo Garrone ★☆☆☆
Saul Fia de Laszlo Nemes ★★★★☆
The Lobster de Yorgos Lanthimos ★★★★☆
The Sea of Trees de Gus Van Sant
Mia Madre de Nanni Moretti ★★★☆☆
Carol de Todd Haynes ★★☆☆☆
Mon Roi de Maïwenn ★★☆☆☆
Louder than bombs de Joachim Trier ★★☆☆
La loi du Marché de Stéphane Brizé ★★★★☆
Marguerite et Julien de Valérie Donzelli
Sicario de Denis Villeneuve ★★☆☆☆
Mountains may Depart de Jia Zhang-Ke ★★★☆☆
Youth de Paolo Sorrentino ★★☆☆☆
The Assassin de Hou Hsiao-Hsien
Dheepan de Jacques Audiard ★★☆☆☆
Valley of Love de Guillaume Nicloux ★★★★★
Chronic de Michel Franco
Macbeth de Justin Kurzel ★★☆☆☆

 

La glace et le ciel de Luc Jacquet

 

Mad Max : Fury Road de George Miller ★★★★
Irrational Man de Woody Allen
Inside out de Pete Docter ★★★★☆
The Little Prince de Mark Osborne ★★★★☆
Amy de Asif Kapadia ★★☆☆☆
O Piseu de Hong Won-Chan ★★☆☆☆
Love de Gaspard Noé ★★★☆☆

 

 

TOP 5 SÉLECTIONS "PARALLÈLES"

 

Mediterranea de Jonas Carpignano (Semaine de la Critique) ★★★★☆

Mustang de Deniz Gamze Ergüven (Quinzaine des réalisateurs) ★★★☆☆

Zvizdan (Soleil de Plomb) de Dalibor Matanic (Un Certain Regard) ★★★☆☆

Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore (Semaine de la Critique) ★★★☆☆

Krisha de Trey Edward Schults (Semaine de la Critique) ★★★☆☆

 

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