[Fiche] L'Histoire sans fin : pamphlet contre l'avénement de l'idiocratie ?

La frontière perméable entre le monde de l'enfance et celui des adultes

Naturellement et sans pousser l'analyse très loin, on comprend très rapidement lors d'une première lecture que Bastien, dont le père est souvent absent et prodigue ses conseils rationnels et terre-à-terre, cherche à se réfugier dans un monde rassurant dans lequel il pourrait s'épanouir. Bastien a perdu sa mère très tôt, il a donc rapidement été confronté au monde des adultes, celui où les gens sont mortels, où les soucis viennent ternir l'imagerie dorée des ambitions puériles. Il refuse de s'acclimater à ce quotidien morose, où les rêveurs sont considérés comme non productifs et foncièrement inutiles à nos sociétés contemporaines.

Le fait de grandir c'est aussi faire le deuil d'une vie en dilettante, de renoncer à ses rêves et d'entrer dans un rôle normalisé et légitimé par la société. Cela n'est que la première couche d’interprétation et le film ne s'arrête pas là. Un enfant c'est aussi un être égoïste, dont le monde tourne autour de lui-même et dont la conscience de l'autre et de l'extérieur se limite aux références parentales et au cocon que l'on a tissé autour de lui. Ce n'est pas ce que le film semble vouloir illustrer, préférant une imagerie féerique et une morale moins aiguisée, destinées à un jeune public, contrairement au livre qui est bien plus sombre et moins manichéen et qui ne présente pas du tout l’enfance comme un âge de pureté et d’innocence, Bastien dérivant lui-même sur les rives de l’orgueil et de la corruption.

L'Histoire sans fin (le film) fait bien l'éloge de cette naïveté et cette innocence qui nous pousse à nous embarquer dans des aventures riches en découvertes. L'expérience nous rend plus prudents, plus "conservateurs" et la nouveauté devient alors un challenge nécessitant de s'adapter. L'enfance est un moment d'apprentissage où les stéréotypes ne sont pas encore complètement cristallisés, elle laisse alors place à une capacité beaucoup plus importante à s’émerveiller et à nouer contact avec la nouveauté et la différence.

Ce n'est pas pour autant le cas de tous les enfants, Bastien fait figure d'être marginal, c'est l'archétype du héros d'aventure, celui qui nage à contre-courant des flots impétueux de la masse, une certaine image de l'individu face au reste du monde, qui va de pair avec notre comportement individualiste en se désolidarisant des autres dans nos quêtes personnelles. Une image que je trouve pour ma part un peu simpliste et trop redondante dans le cinéma spectacle, de nombreux historiens faisant souvent la même simplification dans la description des événements historiques liés aux personnages influents. En effet les grands noms de l’Histoire (que ce soit dans les livres ou les biopics) tout comme les héros du quotidien (notamment ceux des films) ne sont jamais seuls dans leur ascension sociale, les raisons de leurs réussites comme de leurs échecs ne peuvent éluder la contextualisation et les forces sociales qui opèrent en coulisses. Bref, le cinéma aime cette image forte mais réductrice du self-made-man, de l’individu contre le reste du monde, une image tronquée mais symbolique que l’on retrouve dans l’Histoire sans fin.

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Alors que Bastien est poursuivi par un groupe d'enfants qui s'amusent à le bizuter, une première dichotomie s'installe. Les brutes représentent la réalité d'un monde violent, primitif, matérialiste, où les parois rigides n'encaissent jamais le choc d'une chute ou d'un trébuchement. Bref, les enfants savent être méchants entre eux. D’ailleurs le film édulcore un peu les souffrances de Bastien, en effet dans le livre de Michael Ende, les petits camarades du héros, même les plus petits de l’école maternelle, se livrent à des tortures bien plus poussées, comme lui cracher dans les cheveux, l’attacher à des arbres ou convaincre son propre père de le punir, etc… Le livre est d’ailleurs globalement beaucoup plus noir, car à la fin du roman, Bastien quelque peu grisé par son nouveau pouvoir (celui de reconstruire le monde imaginaire) décide de lever une armée afin de renverser l’impératrice et prendre la tête du Pays Fantastique. Bastien enfant-victime, devient bourreau et égocentrique, le film bien plus manichéen dans son traitement ne prend pas en compte ce penchant plus obscur. Le livre dénonce les risques de concentrer un trop grand pouvoir dans les mains d’une seule personne, même s'il s'agit de la plus vertueuse et de la plus sage d'entre toutes.

Bastien est victimisé parce-qu'il est rêveur, certainement bon élève, excepté en mathématiques où il dessine des licornes, ses occupations sont toutes différentes de celles des enfants "normaux" de sa génération. Bastien aime lire et cela s'apparente à une occupation élitiste et intellectuelle, ce qui lui vaut les brimades de la part ses camarades de classe. Là encore une fois, je pense à un autre très bon film, Detachment avec le talentueux Adrian Broody dans le rôle du professeur désabusé, qui tente de comprendre comment l’industrie du divertissement de masse a réussi à présenter l’éducation comme quelque chose de rébarbatif et d’ennuyeux. Il ne faut pas non plus tomber dans la sacralisation de l’école qui elle aussi a une part de responsabilité dans son échec à intégrer les élèves les moins favorisés en les éloignant de facto du modèle éducatif légitimé et en favorisant la reproduction sociale par la diffusion d’un discours crypté et marginalisant, mais l’Histoire sans fin et Detachment ont bien ce point commun, dans une forme artistique toute différente, de parler du néant contemporain et des dangers d’un nouvel obscurantisme.

Petit hommage en parenthèse à notre regretté Robin Williams, puisque l'heure est aux souvenirs d'enfance, qui déclamait tout son amour pour la poésie et la littérature dans Le cercle des poètes disparus et qui fait écho au discours de L'Histoire sans fin :

"On lit ou on écrit de la poésie non pas parce que c'est joli. On lit et on écrit de la poésie parce que l'on fait partie de l'humanité, et que l'humanité est faite de passions. La médecine, le commerce, le droit, l'industrie sont de nobles poursuites, et sont nécessaires pour assurer la vie. Mais la poésie, la beauté, l'amour, l'aventure, c'est en fait pour cela qu'on vit. Pour citer Whitman : « Ô moi ! Ô la vie ! Tant de questions qui m'assaillent sans cesse, ces interminables cortèges d'incroyants, ces cités peuplées de sots. Qu'y a-t-il de bon en cela ? Ô moi ! Ô la vie ! ». Réponse : que tu es ici, que la vie existe, et l'identité. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime. Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime... Quelle sera votre rime ?"

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L'enfant doit faire face à une transition douloureuse qui consiste à jongler entre ses aspirations oniriques et le carcan ultra-normatif de la cour de récréation : porter le bon cartable, avoir les derniers jeux à la mode, les baskets adéquates, faire partie de la bande des gens populaires, écouter la bonne musique, bref être déjà un consommateur en herbe et exister par ses biens et non ses aspirations... Tout cela va demander beaucoup de courage et d'abnégation, choses que les livres peuvent apprendre par l'évasion.

L'idée générale n'est pas de prendre la partie d'une culture dominante et élitiste où la littérature prévaut sur les jeux vidéos par exemple (les jeux vidéos sont aussi la source d'apprentissages tout à fait positifs qui stimulent tout autant l'imagination), mais simplement de défendre une certaine sensibilité, celle de l'imagination où l'importance du rêve prévaut sur les ambitions matérialistes. D'ailleurs, nous verrons plus loin comment le film critique et se moque de la figure du vieux sage coupé du monde, s'évertuant à conserver son savoir au détriment du partage et de l'avancée collective.

Bastien rencontre alors M. Koreander, le libraire, un adulte taciturne et râleur, sorte d’anachorète conscient des affres du quotidien et désireux de conserver une vie à l'écart du monde. L'archétype de l'intellectuel de classe moyenne, se distinguant par sa consommation littéraire et son refus de faire partie du monde. Il n'aime pas les enfants, ils ont pour lui des occupations abrutissantes, pourtant Bastien a lu Le Seigneur des Anneaux, Robinson Crusoé, Vingt mille lieux sous les mers et d'autres grandes références de la littérature d’aventure, dont la portée est universelle, ce qui va très vite susciter son intérêt…

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Symboles et personnification du néant contre l'imagination

Lorsque Bastien dérobe le livre, il est inexorablement attiré par l'aspect déviant d'un tel acte. Au premier abord, on peut conclure que les règles sont faîtes pour être transgressées, que l'interdit doit parfois être bravé. Bastien ne le sait pas, mais le vieux Koreander s'évertue à piquer la curiosité du protagoniste, l'imagination ne se donne pas, elle se prend, c'est une démarche solitaire qui se doit de transgresser les règles, l'imagination va au-delà des limites tacitement fixées par la société, et le livre est la relique ultime de l'imagination, puisque l'Histoire se créée en même temps que le lecteur la parcourt. Si Stéphane Hessel disait assez justement que résister c’est créer, on peut dire aussi que créer c’est résister et c’est là la ligne directrice du film. Finalement, c'est un livre assez ordinaire, car le lecteur donne toujours vie au récit en le parcourant, en imaginant les textures, les décors, les sons, les visages, les odeurs... La fiction fusionne un temps avec la réalité, l'imagination devient collective et se lie avec celle de l'écrivain.

La principale critique du film est cette perte progressive de l'imagination et de la créativité au profit du fast thinking, de la consommation rapide et bornée d'idées figées et préconçues, le monde tel qu'il devrait être, selon les préceptes d'une économie déshumanisante ; un monde rationnel et empirique, désespérément alcalin, dont les sources de divertissement empêchent toute envie de résistance intellectuelle. Le néant est en fait le pire "méchant" qui puisse exister dans une aventure « fantasy », il est destructeur d’espoir, de rêve et de créativité.

Dès sa sortie, le film prenait des airs de conte moralisateur quelque peu ringard, s'opposant de fait à la modernité. Trente ans plus tard, on conçoit tout de même que l'uniformisation des pratiques culturelles est un risque, déjà dénoncé par Claude Levi-Strauss avant sa mort, et que l'art se doit d'être considéré comme autre chose qu'un simple produit.

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L'aventure débute à Fantasia, monde fabuleux au bestiaire fantastique, où les escargots sont des montures rapides comme le vent, le monde de tous les possibles en somme, la capitale imaginaire de l'imagination. Ses habitants s'inquiètent, le monde est menacé par le néant, un mal inconnu qui ronge l'univers pourtant sans limites de Fantasia.

Le Mangeur de pierre est le premier, dans l'aventure, à faire part de ses inquiétudes sur la disparition à venir de son monde. Il est frappé de désespoir, la perte d’espoir étant l'un des principaux symptômes du monde en déclin et un puissant combustible pour le néant, il se rend donc vers la demeure de l'impératrice pour trouver une solution avec les autres créatures de Fantasia où il fait connaissance avec les représentants des autres peuples. C’est une assez bonne idée d’avoir lié le désespoir à l’avènement du néant, car dans un monde délimité par la compétitivité et la réussite matérielle il est vrai qu’il est vite tentant de perdre espoir, de mettre au placard ses envies de résistance intellectuelle, ses principes et ses égarements créatifs hors des sentiers battus, 1984 en est un parfait exemple, dans une dystopie où l’espoir et le changement ne sont plus envisageables.

Le loup Gmork, révèle d’ailleurs à Atreju à la fin du film quelle est sa mission. Travaillant au service du néant, il fait tout pour que Fantasia ; monde sans limites représentant l’imagination de l’Homme, disparaisse. Cette phrase d’ailleurs tout à fait inhabituelle dans un film pour enfant, décrit plutôt bien la maturité du film : « Les gens qui ont perdu l’espoir sont faciles à soumettre et celui qui obtient la soumission détient le pouvoir». Il est intéressant de noter que dans le livre, Gmork n’appartient ni au monde réel ni au monde imaginaire, c’est un acteur capable de passer d’un univers à l’autre, en d’autres termes dans le monde réel il représente les dérives du pouvoir, celui qui étouffe l’espoir et détourne les gens d’un accès à l’éducation, au savoir et à la créativité. En somme, un peuple aliéné, sans ambition, sans sens critique est plus aisé à soumettre (Guy Debord n'aurait pas dit mieux).

C'est Atreju, le valeureux guerrier des steppes qui se décide de prendre en main le destin de Fantasia. C'est celui auquel le lecteur est censé s'identifier, c'est un peu Bastien, du moins celui que Bastien rêverait d’être dans un autre monde (autre différence dans le livre, lorsque Bastien devient le despote de Fantasia, c’est bien Atreju, son alter ego, qui décide de lutter contre lui, Bastien perdant par ailleurs son identité et ses souvenirs, au fur et à mesure qu’il abuse de son pouvoir).

Atreju part en quête sur son intrépide monture à la recherche du vieux Moorlah, mais juste avant de rencontrer la tortue agonisante, son cheval Artax ne parvient pas à lutter contre la morosité et il se laisse engloutir par le chagrin. Le seul moyen de résister c’est donc de reconstituer Fantasia en réinventant de multiples aventures, en la faisant vivre et s’épanouir dans le cerveau d’un lecteur actif. Le message est clair, il ne faut pas perdre son âme d’enfant ni sa capacité à créer, car cela nous amènera vers un monde gris et sans âme.

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Critique du conservatisme et de l’élitisme intellectuel

L’Histoire sans fin est bien plus malin qu’on ne pourrait le croire, car si mon article aurait consisté à se focaliser uniquement sur l’importance de la lecture et de l’imagination, il aurait s’agit d’une critique commune et évidente. Les élites ont aussi leur part de responsabilité dans le délitement du progrès et la non-démocratisation du savoir.

C’est Moorlah la tortue qui représente cette garde conservatrice, il est le symbole du monde savant : universitaires, intellectuels, politiciens, spécialistes… reclus dans leur carapace, incapables de diffuser un savoir d’utilité publique, car considérant le monde extérieur comme non réceptif à ce savoir. Savoir qui peut être insipide ou inexact, mais aussi parfois salvateur et dans le cas la création artistique, générateur d’inspiration et de progressisme. C’est ce que critiquait d’ailleurs le sociologue Pierre Bourdieu en démontrant comment le monde universitaire dans la conception de ses recherches et le refus de la vulgarisation s’enfermait dans une « tour d’ivoire », coupant de fait le peuple des bénéfices de leur savoir et de leurs pratiques culturelles. Le savoir même vulgarisé est une force capable d’engendrer des changements profitables au plus grand nombre.

Petite blague de la tortue au passage qui m’a fait sourire lors d’un récent visionnage, outre le fait que cette dernière répète sans cesse que plus rien n’a d’importance dans un monde en déclin (elle est résignée et déterministe, désespérée : le monde mérite le sort qui lui est réservé en somme), elle éternue sans cesse, car elle dit être "allergique à la jeunesse". On revient alors à la première conclusion de l’article sur le passage à l’âge adulte, puis à la vieillesse, qui créer une fracture entre le pouvoir émancipateur de la candeur des utopies à laquelle la jeunesse est souvent plus réceptive, et la résignation d’une génération incapable de transmettre son savoir à sa propre descendance.

Cela met en exergue un mal-être plus profond, car il explique en partie, le fait que l’être humain n’apprend que très peu de sa propre Histoire et reproduit indéfiniment les mêmes erreurs, incapable de surpasser sa condition d’animal territorial et violent. C’est aussi pour les plus vieux, une solution de repli dans une époque du culte de la jeunesse et du refus de vieillir. L’Histoire sans fin présente alors une double fracture, à la fois entre deux générations s’opposant et refusant de collaborer, mais surtout celle d’une classe dominante possédant un savoir qu’elle refuse de partager même si cela risque de mener à un suicide social.

On comprend alors qu’entre la tortue moralisatrice et le loup au service du néant, la responsabilité quant à l’épanouissement du vide est tout aussi importante, l’un étant moins hypocrite que l’autre dans sa démarche. En effet, la torture c'est la sagesse et la mémoire de Fantasia, elle représente finalement l’abandon du peuple par les élites, même celles censées représenter le progressisme, la sagesse et la résistance…

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La chance et le hasard dans un monde rationnel

Le dragon Falcor personnalise la chance. Qu’est-ce que la chance sinon une probabilité incalculable, car contenant trop d’inconnues dans son équation. Si le rationalisme a permis des avancées technologiques importantes et non négligeables dans l’amélioration des conditions de vie de l’humanité, elle est aussi présentée dans le film comme un assèchement de l’imagination et un ennemi potentiel de l’onirisme.

On le constate très bien dans le monde réel lorsque les humains sont réduis à des statistiques, l’économie à d’obscures formules mathématiques, les rapports sociaux à des données numériques, des échanges économiques et mercantiles, il est toujours terrifiant de voir que les sujets comme l’amour ou l’art sont devenus au travers de certaines visions, des produits de consommation, des objets considérés uniquement sous l’angle du mercantilisme.

La chance c’est donc l’imprévu, tout ce qu’essayent d’empêcher les dirigeants, c’est en fait ce que tous les pouvoirs depuis la nuit des temps ont tenté de faire ; avoir un contrôle sur le libre arbitre et anticiper la réaction du peuple afin de limiter son pouvoir d’action.

De nos jours, ce sont malheureusement les dérives constatées de la technologie, où nos moindres faits et gestes, comme le dénonce Edward Snowden, sont susceptibles d’être enregistrés, analysés au service d’algorithmes recréant une identité virtuelle de nous-mêmes afin de mieux nous pister et nous posséder. Cela fait bien évidemment froid dans le dos, surtout face à l’indifférence généralisée et présente un risque immense pour la démocratie. Et donc, qui est le meilleur ami de l’espoir, de la diffusion du savoir et de la créativité contre le néant ? C’est bien l’imprévu, les tournures positives que l’Histoire peut prendre, en somme la chance, l’incalculable, la force invisible qui trompe les statistiques et fait mentir les idées fixes, c’est tout ce qu’est le dragon Falcor dans la quête commune de Bastien et d’Atreju, un allié précieux contre le néant, car synonyme d’espoir.

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Il faut reconnaître à ce film malgré le temps et les simplifications dans son adaptation, des qualités indéniables dont le livre original est une solide source d’interprétation et malgré sa grande édulcoration pour les standards des films de jeunesse de l’époque, l’Histoire sans fin propose un discours sagace et éducatif qui ne vieillit pas, il fait aussi écho aux dérives de nos sociétés contemporaines, et ce sous un angle d'analyse plutôt brillant lorsque l'on sait que le film lui-même devait répondre à des standards de production et des impératifs commerciaux.

Pour le reste, c’est à nous de nous souvenir de Fantasia et de veiller à son épanouissement, de lutter contre les obscurantismes, la pensée unique, l’abrutissement et le contrôle des masses qui menace nos mondes, qu'ils soient réels et imaginaires.

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