N°1 La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

N°1 La Vénus à la fourrure de Roman Polanski

Le dernier film de Roman Polanski se place en première position de ce TOP 10 2013. Long métrage brillamment maîtrisé, le cinéaste a sut faire usage de sa maturité et de son expérience pour livrer une œuvre débordante d'intelligence, avec une mise en scène précise et efficace.

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N°2 Le Congrès de Ari Folmann

N°2 Le Congrès de Ari Folmann

Si ce film laisse transparaître un résultat parfois un peu "brouillon", inachevé, je souhaitais attribuer la seconde place pour l'audace et la singularité d'une œuvre dont on a trop peu parlé. Folmann laisse libre court à ses divagations avec beaucoup de poésie tout en livrant une analyse critique sur la société du spectacle, la propension au conformisme et les risques d'une société du contrôle par la technologie toujours plus omniprésente. Des thèmes très actuels, à l'ère de Prism, de la NSA, de Facebook, de l'auto-contrôle et de la sacralisation des icônes populaires par les médias. Les enjeux sont d'une importance capitale et peu d'artistes (de gens en général) semblent s'intéresser à un thème qui devrait être au cœur de nos luttes à venir.

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n°3 La Vie d'Adèle de Abdelatiff Kechiche

n°3 La Vie d'Adèle de Abdelatiff Kechiche

Palme d'or, film encensé par le public et la critique cette année, il faudrait être de bien mauvaise foi pour ne pas reconnaître les qualités d'un film d'une rare minutie, s'attelant à mettre en scène la passion amoureuse, mais aussi les techniques du corps, l'habitus et les conventions sociales dans un milieu donné. Fresque voluptueuse non dépourvue de poésie, Kechiche découpe tel le chirurgien, les vicissitudes du quotidien, parfois bousculé par les affres de la passion. Un film référence.

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n°4 Only God Forgives de Nicolas Winding Refn

n°4 Only God Forgives de Nicolas Winding Refn

Le nouveau concept du cinéaste danois n'aura pas été très bien reçu, aussi bien par la presse spécialisée que par le public. Il est vrai que tout le monde attendait un peu Drive 2, manque de bol Refn ne fait pas dans la facilité et propose ici une sorte d'anti-Drive, ou Gosling toujours aussi pourvu de dialogues foisonnants (joke), est une victime impuissante, étouffé sous le joug maternel. Et pourtant le film contient des scènes d'une beauté rare, si l'univers clipesque caractérisé par son intrigante pesanteur, dévoile un scénario minimaliste, il s'attache à bâtir un épisode visuel d'une grande maîtrise, ou chaque geste, chaque plan, chaque regard, échafaude subtilement la signification d'une structure narrative authentique. La musique de Cliff Martinez au service de l'esthétique, fait mouche, on vit alors une expérience de 90 minutes vraiment particulière, qui démontre que Refn sait ce qu'il fait et qu'il le fait très bien.

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n°5 La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino

n°5 La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino

Si on voit ici la Dolce Vita version 2013, il est facile de reprocher à Sorrentino d'être parfois tombé dans le mimétisme. Cependant, l'hommage rendu au maître brille d'une grâce insolente. Le cinéaste capte tout le charme tragique de la mélancolie et construit son histoire dans un décor romain d'une beauté contemplative sublimée par une voix Off suave aux dialogues gorgés de lyrisme. La grande beauté est bien présente, ce film transporte et fait l'effet d'un voyage en apesanteur au-dessus de l'insignifiant et de la vacuité ; une danse morbide, majestueuse et éphémère.

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n°6 A Touch of Sin de Jia Zhang Ke

n°6 A Touch of Sin de Jia Zhang Ke

Le réalisateur chinois signe un travail admirable sur la violente transition de la société chinoise et ses conséquences sociales. Il se fait témoin d'une époque où la dérégulation implique des maux irréversibles sur les individus et leur contexte. Véritable fresque en quatre tableaux, la stupéfiante maîtrise d'un sujet universel se ressent dans une mise en scène épurée, soignée du début à la fin, pour un film qui restera au moins gravé pour son incomparable virtuosité et son réalisme éclatant.

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n°7 L'inconnu du Lac de Alain Guiraudie

n°7 L'inconnu du Lac de Alain Guiraudie

Film intimiste, à cheval entre l'enquête sociologique et le thriller passionnel, ce huis clos en plein air n'aura pas laissé insensible les cinéphiles. Guiraudie s'attache à un cinéma humaniste, captant l'essence de ses personnages, évoquant des thèmes essentiels avec une étonnante aisance et une admirable simplicité. L'inconnu du lac s'écoule comme un été trop court, et vibre d'une aura tellurique extrêmement troublante.

n°8 Inside Llewyn Davis

n°8 Inside Llewyn Davis

Les frères Cohen, indétrônables dans leur domaine, livrent un film sur la poisse, ce grand fardeau qui pèse parfois de tout son poids sur nos épaules. Démystifiant le concept de destinée, leur dernière œuvre met en exergue le penchant comique et dramatique de nos petits parcours, ces routes où les obstacles tombent au hasard et ne garantissent ni victoire, ni bonheur. Une petite claque au mythe du self made man, là où Bob Dylan a réussi, combien d'autres, dont on ne parle jamais et tout aussi talentueux, se sont cassés les dents ?

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n°9 Samsara de Ron Fricke

n°9 Samsara de Ron Fricke

Samsara fait figure d'objet cinématographique précieux, s'engageant sur les sentiers du documentaire contemplatif. Tourné au quatre coins du monde pendant cinq ans en 70mm, il nous offre des images d'une rare beauté, frôlant parfois l'expérience mystique, dans sa mise en scène du génie et de la folie des hommes à travers les âges.

n°10 Gravity de Alfonso Cuarón

n°10 Gravity de Alfonso Cuarón

Le cinéma grand spectacle hollywoodien a toujours une propension au conformisme et les super productions de l'année 2013 manquaient vraiment de saveur... Il faut donc saluer l'exploit d'avoir fait produire un film au scénario minimaliste débordant de créativité et de savoir-faire. Même si quelques défauts viennent polluer le film, j'évoque ici le sentimentalisme et la figure héroïque bien peu originale du scénario de film catastrophe, le pari était osé et il faut reconnaître une certaine beauté à ce long-métrage immersif, asphyxiant... Mention spéciale à une 3D ingénieuse et une qualité sonore à couper le souffle, un grand film sur le vide, un grand film spectacle, une attraction qui nous rappelle pourquoi les types outre-atlantique nous fascinent toujours autant.

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